J'ai bien observé la circulation, et mes services planchent sur quelques construction analogiques de voies et de chemins, d'autoroutes encombrées par la consternation.

Chacun sait qu'il nous faudra rester sur place.

Chacun sait que rouler sera un privilège, et que ceux qui dénoncent le fait que d'autres roulent gagnerons le combat et seront seuls à rouler!

Ce qui m'amuse, c'est que dans les villes de province prouver que rouler n'est plus de mise, cela passe par l'élaboration coûteuse et complexe de tracés toujours plus floraux et toujours moins naturels, toujours moins heureux dans les rapports entre l'espace et le temps.Y'a plus de nord, y'a plus de sud, pas de courses du soleil, y'a le GPS. Faut dire qu'il émancipe, le GPS, quiconque ne comprend rien à l'espace! Tant pis pour l'espace, tant qu'il y a des prothèses....

On passe de plus en plus de temps dans les transports, et on est de moins en moins là! Enfin, là où on voudrait être. Et toujours plus s'interposent entre les êtres des choses bizarres, des refleurissements pour tombeaux d'anonymes, des panneaux intraduisibles, des postes de surveillance, des trajectoires supposées,  des ailleurs qui sont partout...

Comment réduire ce paradoxe tandis que, toujours plus, vivre sur place est affaire de très pauvres ou affaire de très riches?

Dans une ville principalement administrative ou commerciale, observez un carrefour:

Toutes les voitures sont arrêtées, passent quelques trams, et par convention d'assurance quelques piétons et quelques cyclistes passibles d'amende. Des passants passibles.

S'arrêter, c'est l'octroi, et tout porte à croire que ceux qui trainent là, c'est pour quelques habitudes à moindre coût, certainement pas pour échanger, aller au devant des autres et avec les autres comme cela se doit, en ville.

Le traffic ne diminue pas, il est bouté hors la ville, il est toujours plus difficile, on ne sait pas faire de ville là où déja elle ne serait, comme obstruée elle se conforte.

Le plus extraordinaire, c'est que la supposition que personne ne serai capable de respecter l'autre est le seul fondement de cette coûteuse organisation.

Ainsi, constater mille voitures arrêtées est un plaisir, car aucune n'ira plus vite que vous.

Stationner comme résident est un luxe, car l'étranger est bouté.

Paris, c'était l'endroit où les voitures extraordinairement circulaient, en dépit de toutes normes et en vertu d'optimisations entre tous impalpablement concertées, grâce aussi à l'enchevêtrement des moyens de déplacement.

Le patient désenchevêtrement des moyens, pour cause d'enchevêtrement sans doute, y a beaucoup diminué la faculté d'y être. Seul le touriste, le résident et le cycliste y ont tout leur temps, le déambulateur également.Comme on pouvait pas s'y garer à cause des voitures, puisqu'il fallait des heures pour s'y stationner, par avance, c'est déja prévu, on passe des heures pour s'y rendre sans y stationner.Mieux vaut ne pas avoir de bagages, sauf le temps de s'en occuper.

Y'a des petites ville en suisse, où tout est resté mélangé, on peut venir avec ses baguages, on peut garer plus ou moins cher, les gens ont l'air pas pressés et heureux d'y être, sans toute fois être touristes!

Par ailleurs, la coercition, c'est tellement plus simple que la résolution...