Ça y est!
Je l'ai entendu sur les ondes, l'élection de 2012 se jouera avec la vertu dans les urnes...

Cela ne m'inquiète pas pour mon ministère, cela m'inquiète pour le futur ministère de la morale qui adviendra en 2012.
Il est hors de question que je participe à l'élaboration d'une tellement coûteuse infrastructure, alors légitimée par les urnes, quand apprendre La Fontaine en école élémentaire, lire La Bruyère et Simenon en premier cycle de collège, y aborder déjà la philosophie et lire Tintin chez soi, cela constitue l'immense économie.

Pourquoi arrondir avec l'impôt moral, le légitime impôt normal?
Le contemporain est déjà assez schizophrène, déjà assez confus en distinction de tout et de partie, déjà assez délégataire entre maintenance public et maintenance privée, assez troublé par ce que la contre-valeur en argent intime à toutes autres valeurs, pour que rajouter une couche au ministère de la justice ne soit pas tolérable.

Pour l'élection, il suffira de se reporter aux professions de foi des candidats à la rubrique "Morale", et pour faire son choix écouter l'écho des média qui épaissiront notre dossier personnel.
Parmi le tintamarre, l'affaire sera sérieuse!

Quiconque se promène en terre de morale avec délectation, sait très bien que l'injonction morale n'est que de l'instant et dans l'action.
Il faudra le jour des urnes, passer une première injonction morale, savoir si les douze heures quinqua-annuelle consacrées valent la demi-heure accordée, exprimer ou non son suffrage, et mêmes savoir auprès de qui en politique on délèguera.

Puis l'affaire se complique, parce que en morale, compte surtout quoi la convoque, quelle résolution au moment de l'injonction morale face à une situation s'opère, depuis quelques origines est restaurée cette résolution .
Je me suis arrêté avec Schoppenhauer qui fonde la morale dans la pitié.

Plus que là une complication, il faut y voir les prémices d'une révolution!
En effet, avec la pitié, il ne peut y avoir d'action morale tant que celui qui en appelle à la pitié n'exprime pas sa requête.
En supposant que le modèle démocratique reconnaisse un bulletin de vote être un appel à la pitié,  se voterait qui est capable de pitié comme président, et déjà vacille la démocratie même, se comprend que l'abstention soit la plus probable proposition morale aux urnes d'une élection par la moralité.

Cependant, la démocratie vacillante procédant vaille que vaille, une légitimité sortira des urnes!
Plus loin alors, ceux qui auront voté pour obtenir la pitié ou le droit de la dispenser, ils devront, ayant obtenu ou pouvant dispenser pitié, intégrer ou prolonger l'exercice d'un tel pouvoir, au moins celui de dispenser.

L'impossibilité radicale qu'ils y parviennent est quasi-constitutionnelle, ramène la pitié hors de l'état, en privauté là où déjà elle était. Et l'état n'a toujours guère autre besoin que de l'invoquer.
On votera donc avec motifs moraux, un chef d'état dont l'état par nature exporte en société tous attendus moraux!

Ne reste donc, avec l'élection démocratique, comme il fallait s'y attendre en matière de morale, que l'habituelle reconnaissance pour qui on votera.
Ce ne sera pas une élection "morale", ce sera une élection normale, celle d'une attendue reconnaissance du candidat.

Mais ce ne sera pas, en bonne logique avec la moralité, une élection où le candidat en appellera à la moralité de l'électeur, comme en juste cause il perdrait certainement.
Il gagnerait, ce serait cela la révolution, car elle aurait en un tourne-main précédé les urnes!

Mais cette révolution de rêve, elle doit être précédée encore avec la révolution des origines...
Pas de doute qu'en campagne, c'est à la fermeté des origines de sa propre morale que nul acteur, nul candidat ne saura renoncer.
Cette origine est intangible, elle ne s'interroge pas, elle se présente tellement rarement que la résolution morale qui la fait être reconduite est surpuissante, balaye tout, absorbe tout!
En campagne, nous perdrons tout notre temps à l'écoute des concours d'origines, en présupposés, en comparaison de chapelles, en faux-voisinages, en explications de bars, où l'originalité de notre morale sera remise à l'autre en un écrin que les origines ne sauront pas présenté être réelles.

Cet objet de la morale mis en écrin, en aucun cas il ne s'acceptera..., la requête en pitié elle ne se saura pas être aussi votre, il ne se saura pas quoi être fait de l'objet moral qui se présente,  cet objet sera alors remisé parmi quelque caverne d'étranges origines définitivement, pour que la distinction fasse  plus valeureuse votre propre distinction en pied d'égalité.

Non, l'élection de 2012 n'aura rien de moral !