Cela fait des années et des années que je me noie en discussions avec tous croisés déclarés votant FN, et tous ceux croisés se déclarant prêts à le faire.
Alors mon témoignage.

S'il y a bien une constante, c'est que le mot république, ils ne veulent pas le savoir:
C'est une connaissance sans importance, qui ne souffre pas l'amendement des éducations.
L'idée de République est une idée ferme, mais vague puisqu'ayant trouvé lointaine origine, elle ne se discute alors pas.
Un propre jugement des tentés du FN est sensément celui qui prime, et la république n'a rien à voir là dedans.
La République, d'hypothèse elle maintiendra de l'ordre pour que ce jugement supposé traversant fasse merveilleuse pérennité, ordre, république...

L'autre constat, c'est la puissance du ressentiment qui les habitent, généralement en regard de la faiblesse de la maîtrise de leurs propres existences, celle que d'autres plus nantis peuvent exprimer pour eux depuis une apparentée autant qu'éloignée position.

Arrivent alors les considérations des élites et des autres...
La république est bien loin, mes interlocuteurs sont déjà se considérant à l'extérieur, injustement alors, et depuis là visent l'autre à l'intérieur.
Systématiquement, il me faut leur demander qui est l'autre...

L'élite vient en tête, puis l'administratif, puis le système, puis l'étranger. Il y a donc tous les serviteurs, sauf comme serait le dernier, désormais plus rarement dit qu'il fut un temps (mais en paradoxe l'étranger est bien plus exposé désormais par l'élite), il est le plus commode, parce qu'il est le plus facile à voir, encore en paradoxe souvent le plus proche.

Les choses se compliquent un peu, ensuite:
-Le motif de l'argent est constant, l'argent comme gâteau, le gâteau dont ils ressentent la minceur des parts.
-Et puis c'est la logique qui serait incontournable du commerçant qui pointe, lot commun par lequel ne s'envisage que l'éclairage bénéfique du commerce (je me rappelle un temps, du coté de la Présidence, la lancée du motif du "mercantilisme" au cœur de la présentation au peuple de la crise financière, ensuite vite replié autant que celui de la morale...), la certitude que tout, et déjà soi-même, est à vendre, esseulé à se vendre.
Déclaration longtemps impossible, suivant une certaine république...
-Ensuite, expliquer qu'une société constituée par beaucoup trop de commerçants, fatalement elle s'appauvrit, ramènerait à la responsabilité des élites!
Il n'y a pas de possibilité de mise en cause personnelle: nous avons choisi le marché global où nous nous comportons, nous l'avons voulu, des volontés furent avariées, cela marche mal mais ce n'est pas de notre faute, c'est la faute à la faiblesse répandue où l'autre se dissimule...
Car il suffirait de se sentir comme justifié, alors mal accompagné, dans un sort commun où jamais nous ne pourrions être pris en responsabilité.
-Ainsi, c'est aux élites à rendre compte du fait qu'ils ne savent pas organiser en monde des bisounours, une pléthore de commerçants.

Ensuite, hélas, tout se resserre encore:
La faculté du commerce généralisé, impossible à déboulonner comme règle de connaissance, elle nécessite la concurrence, elle provoque des laissés pour compte. C'est un réservoir légitime, puisqu'il existe, République ou pas...

Par la force conjuguée des ressentiments, doivent, vont passer à la trappe tous ceux qui suivant la règle de cette connaissance irréfutable, occupe une position meilleure, leur permettent d'alléger leurs abords concurrentiels!
C'est là, en creux,l'examen politique FN tellement bien entendu.

Ensuite, ce n'est guère la peine de s'escrimer avec l'indication des valeurs de la connaissance.
Là, c'est stupéfiant:
Tout ce qui n'est pas intimement connu, alors vendable, est réfutable, ne vaut rien!
Un gâteau est un gâteau, une part une part, un gâteau n'est pas une convention...
La preuve par les écoles-garderie, par les écoles incapables d'apprentissage pour fourniture de valeurs immédiates, par les écoles réservoirs d'impossibles mélanges, par les écoles sans débouchés, par les écoles à compétitions relatives.
La connaissance, c'est rien, cela fourbit des élites, les élites défaillent, alors on pourra se passer de la connaissance,...au fait, tandis que pointe l'ère du commerce de la connaissance mondialisée, la République c'est quoi?

Oui, le plus frappant, c'est cette réclame pour la mise à bas de la connaissance, je ne parle même pas de culture.
Pointe cette volonté de mettre tout le monde en moindre place, pour gage d'égalité, alors où quelconque connaissance étendue ne risquera pas de peser.
L'hypothèse du partage, plus que répartition, avec la République, s'éloigne....

Le FN, c'est le parti des commerçants qui veulent une république qui expie, pour eux mais tous les autres, le renoncement à commercer trop difficilement!
C'est un règlement par le commerce symbolique des êtres!
A nouveau, ce serait plus facile, l'hypothèse du partage, avec répartition des êtres, revient....

Alors, les plus simples avouent-ils:
Oui, nous allons par le nombre les évincer, "mais la faute à qui"?
Quand on pouvait dénoncer l'autre recevant meilleure part, celui qui distribue mal est maintenant sur la sellette.
"La faute à qui?" c'est la question crasse en politique du ressentiment!
Et soit l'élite renouvelée, celle en devenir d'accompagner pour le nombre!

Au fond, c'est un motif parmi les plus tristement convoqués de revenir à une République inconnue, parce que suffisamment longtemps ignorée.