C'est comme cela sans doute qu'il faut la jouer actuellement, tant elle est évoquée,
et tellement on la rechercherait dans les déclarations de la circonstance et de l'époque.
    Les déclarations, elles sont dans une émission de Philippe MEYER, que je ne connais pas,
lui qui réunit après les messes et sur les ondes, tout ce que la rhétorique de bonne tenue,
déclarée par autant de titres que d'intervenants, saurait délivrer pour la circonstance de l'époque.
    La circonstance de l'époque, ce serait celle du voile intégral, par exemple...

    Que s'évoque là la morale,
c'est heureusement et désormais de plus en plus, après des années d'indulgentes incises silencieuses,
l'occasion d'en dire quelques bribes, d'en reconnaitre pudiquement quelques lambeaux,
autant qu'ils limberaient évidement tout un chacun.
Mais c'est toujours de s'en méfier, tant elle contredit vite ses propres dires et pour chacun,
tout cela vis à vis de l'autre intervenant.
    Qu'il n'y ait pas là de quoi se déchirer, c'est ce que la morale intime,
tandis qu'à l'émission scrupuleusement l'ailleurs reste à terme, et toujours ainsi pour façon pérenne,
et demeurent les tensions qui précédent les déchirements, puisqu'à tel jeu seraient distributions des épingles.

    Là où le bât blesse,
c'est que justement, tenter de se maintenir en état de cohérence morale est impossible,
sinon à supposer l'impératif moral comme absoluement qualifié et partagé,
ce qui est au coeur du paradoxe de la moralité, et renvoie innexorablement à l'individu autre et à son respect,
disant alors que maintenir chaque position morale depuis chacun et pour chacun sa part,
cela se résume à la cohérence propre de son discours propre.
Celui de se taire en est un pour chacun voué à y consentir. Ronge la morale, au lieu que d'édifier.

    Alors, s'il s'agit des autres admissibles en république dans les propos,
les autres sont vite otages d'impératifs moraux qui ne se déclarent pas, puisque je ne les entends pas.
Les entendrais-je, je sais qu'ils n'évoqueraient que leurs auteurs...
L'exercice collégial rend la chose possible, et chacun s'affaire à conforter ses attachements,
renvoyant à l'intervenant autre les attachements dévoyés de citoyens encore plus autres, dans un reproche mal dit,
qui en propos rapportés forment fort peu de choses. (357 délégataires, arrondi(e)s à 2000 pour 60000000 citoyens)

    Je tiens d'un ami avocat, cela pour établi, que l'impossible entente religieuse précède l'impossible entente morale
fait conjecture que le droit entend résoudre dans les réalités, s'y résoudre aussi en pleine difficulté mais dans
une pleine grandeur qu'il faut bien reconnaître.
Il me semble alors, qu'une loi qui s'établisse sans fondement moraux est impossible, et que celle sur le voile,
ne disant pas de tels fondements plus loin qu'un certain ridicule (convoquer Levinas par exemple, lui qui parle d'amour)
est de même impossible, hors soumission aux impératifs religieux, le choix ébranlant la laïcité même.

    Entendre dans l'émission, qu'il ne faut pas oublier que l'homme politique est simplement justifié
à faire le bien d'autrui contre son consentement y est nettement insuffisant:
Pour entendre, il faut des arguments forts, il faut échapper aux motifs de la sorcellerie,
il faut une mise en perspective convaincante des attendus religieux, puis moraux, puis civiques.
Là, ceux qui se fondent sur le rejet depuis l'étrangeté ne tiennent jamais...,
car j'aimerais tellement entendre une version de la laïcité, en cours pour actuellement,
qui ne se manifeste pas dans une insupportable défensive, et jusque dans la loi, là déja clamant défaite,
où se disent les coercitions à la place des contraintes et des purs rejets. Les mots sont courts!

    La loi est malheureusement armée du passé, si la religion fait l'improbable avenir,
et la morale l'innexorable présent.
    La laîcité, hors la loi, a toute sa place, autant que le voile à telles considérations.
Pour la laïcité, toutes les lois existent en France afin de la défendre, au cas par cas par l'état protecteur,
tandis que généralement faire des lois spécifiques fait sa grandeur défaillir.
L'état qui ne se prouve que par la loi à bientôt proclamer n'est plus..., pourtant il vit sur ses restes,
honte à ses actuels contempteurs.

    Plus loin être ne serait-ce que républicain, donc à visage découvert, admet tellement d'autres masques!
Heureusement, j'ai entendu dans l'émission que le droit de se cacher devait être. J'aurais aussi aimé entendre,
que les masques de la beauté, comme se l'infligent tellement de femmes par les images publicitaires, sociales,
voire religieuses, ou intimée par les hommes, mais comme autant d'hommes s'y emploient symétriquement aussi,
ils devraient être frappés d'interdit, tellement il sont dévalorisants. Mais pourquoi, véritablement,
la loi dans ces choses là?

    Faudrait-il que moi, un homme, aimant les femmes et leur extraordinaire liberté,
celle faite beaucoup de la force de leurs attachements, je porte la burkha afin de dire à la république,
que compte mon intimité autant que mon identité, et que, s'il est de réelle richesses dont je puisse la gratifier,
c'est depuis cette intimité même, qu'au mieux, je le ferais?
En fait, il suffirait que quelques hommes portent la burkha, et tout s'évanouirait!
Que pèse une loi, et combien d'inutiles et dangereuses sueurs...?

    En morale, il est très important de constater que le lynchage, c'est dans la modernité le problême nouveau,
celui qui masque le tout premier et ancien de la mort faite à l'autre depuis soi,
devenu celui de la mort pour l'autre faite avec d'autres. Un tabou complexe.
    Rejeter 2000 individualités, c'est une mort symbolique intentée comme lynchage,
peut-être pour 357 personnes, alors que la preuve de leur sacrifice ne sera ni preuve de réels ennemis,
ni destruction de ceux-ci s'ils sont.
Que de tels ennemis symboliques fassent preuve de notre faiblesse, voilà qui subjugue en vérité.
    Qu'autrement donc se détende plutôt que se défende la laïcité, je l'espère.

    J'attends alors avec impatience le débat suivant, le procès en sorcellerie conséquent,
celui de la transparence, et de son ridicule.